UTTER DARK webzine

 

Depuis la sortie de son premier opus longue durée "Pakkasherra", le groupe finlandais THROES OF DAWN s'est installé sans faire trop de bruit parmi les plus vertueux défenseurs d'un metal authentique dicté par les seuls sentiments que suscitent l'aspiration à un idéal.
 

"Binding of the spirit" ne fait certes pas exception et assure au groupe un statut de plus en plus affirmé. Le raffinement est de mise dans le moindre des accords qui tournent le dos à tout ce que le metal génère habituellement d'impitoyable. Aucune concession à la violence, car nous avons affaire à des gentlemen qui ont choisi de ne rien laisser au hasard.
 

On navigue paisiblement de succulents roulements de batterie mid-tempo en riffs très propres et bien amenés par les synthés. En parlant des synthés, comme il se doit partie prenante de la moindre mélodie sans se montrer voraces pour autant, ils s'apparentent plus à un voile soyeux qui vient se déposer sur les guitares qu'à un veritable chef d'orchestre. Je veux dire par là que leur rôle - dont ils s'acquittent à merveille - est de fournir un complément ambient proche du contemplatif.
 

L'album ouvre sur trois titres flirtant avec les sept minutes, ce qui permet de s'imprégner abondamment de la méthode THROES OF DAWN, qui consiste à enivrer avec de bien belles intros (c.f. "Binding of the Spirit onto Earth") pour mieux asséner par la suite de remarquables prestations métalliques hantées par un thème récurrent. Les titres qui suivent sont plus concis (excepté le mémorable "On Broken Wings of Despair") et montrent un groupe qui n'en a certainement pas terminé avec ses angoisses, comme le suggèrent les détours complexes au coeur de "The Wanderer" ou "The Hermit".
 

Difficile de trouver des comparatifs satisfaisants pour ceux qui fonctionnent par parallèles, mais je pense ne pas être trop loin du compte en disant qu'un crossover entre ANATHEMA, EMPYRIUM et ABIGOR (surtout pour le chant) pourrait "sonner" de façon approchante. Mais je ne veux pas risquer de me faire taper sur les doigts non plus, car THROES OF DAWN ont bel et bien su développer une sensibilité unique et brillante, qui devrait - ce ne serait que justice - leur valoir de nombreux adeptes.
 

Pour reprendre les termes d'un estimé confrère de presse écrite, il est néanmoins vrai qu'il manque ce "petit quelque chose" qui ferait de "Binding of the Spirit" une production majeure. Le génie ultime n'est pas une constante pour tout le monde...
 

B.G. 23-06-00